— Rien en vérité. Je croyais l’autre jour avoir besoin d’un conseil. Il se trouve qu’il arriverait trop tard, la décision étant prise et… exécutée.
— Et moi qui rêvais de révélations sensationnelles ! m’écriai-je.
— J’hésitais précisément à les porter à qui de droit. Partagé entre le scrupule de me mêler de choses qui ne me concernent pas, et le désir de ne pas laisser duper des gens honorables, je comptais vous soumettre mon embarras. Mais hier, conversant avec mon notaire, j’eus l’idée de lui sortir mon cas. Jugez de ma chance : il gère aussi les intérêts des Traversot, chose que j’ignorais. Sans que je l’aie voulu, ma conscience s’est donc trouvée libérée, et le cas qui me troublait a cessé d’exister.
Je répliquai, désireux d’en tirer au moins le peu que je pourrais :
— Tant pis : cela prouve du moins que vous connaissez M. de La Gilardière.
— Moi ?… pas du tout.
— Alors comment étiez-vous renseigné sur lui… car il s’agissait de lui, n’est-ce pas ?
— Oh ! un hasard trop long à expliquer… Une compagne de couvent de ma femme qui, devenue dame de compagnie chez la mère du jeune homme, a voulu s’informer près de nous des Traversot et qui, du même coup… bref des histoires ; fort heureusement, elles ne m’intéressent plus.
— Allons ! fis-je déçu, il reste que vous aviez songé à moi pour vous éclairer dans une circonstance délicate : je vous en remercie.
Tout ceci, échangé sans qu’il prît seulement la peine de choisir un siège. Je crus qu’il allait repartir aussitôt ; mais non, après avoir regardé l’heure, il reprenait :