Je n’achevai pas. Les mains tendues comme pour repousser les mots qui pourraient suivre, elle avançait vers moi :

— Je t’en conjure !… là-bas seulement… Tu as ma parole… une parole sacrée. En revanche, aujourd’hui épargne-moi… épargne-nous ! Ne me repousse pas, surtout, quand je ne demande qu’à me réfugier près de toi !

Alors, désespéré de sentir qu’elle souffrait, je ne savais pour quoi ni pour qui, mais ivre à la pensée qu’enfin elle revenait s’abriter dans mes bras, je l’étreignis.

Je ne me rappelle plus ce qui a suivi. Je criais :

— Quand tu voudras ! Où tu voudras ! pourvu que tu sois heureuse !

Et je connus la minute ineffable après laquelle on devrait mourir, car la vie ne la donne qu’une fois, car son souvenir ne sert qu’à mesurer de quel sommet l’on tombe, quand le désastre vient…

Notre départ eut lieu le lendemain. Les meubles suivraient, aussitôt l’appartement trouvé.

Premières journées de Paris… Je suis en quête de logis et grimpe des étages. Geneviève de son côté, et soi-disant pour aboutir plus vite, fait de même. Nous ne nous retrouvions que le soir, harassés. La fatigue m’anesthésiait. Sans elle, n’aurais-je pas senti que, déjà, sous des formes différentes, le supplice recommençait ?

Enfin, je crois avoir trouvé. J’amène Geneviève, lui demande si mon choix lui convient.

— Oui, c’est parfait.