Laissé seul dans la pièce, j’aspirai l’air comme on boit un verre d’eau. Si l’arrivée d’une femme de service n’était point la diversion espérée, elle apportait du moins un répit. Quand, dans quelques instants, le débat reprendrait, nous aurions eu le temps l’un et l’autre de nous ressaisir. Les emportements soudains risquent seuls de déchirer les voiles.
Cependant M. Lormier, ayant passé dans l’antichambre, approchait de la porte. Je perçus le gémissement de la serrure qui tournait sous sa main irritée. J’attendis ensuite le renvoi de l’importune. Un dialogue bref, au contraire, me parvint :
— Vous, monsieur !
— Au moins, ne suis-je pas indiscret ?
— Si… non… enfin, peu importe. Entrez.
Puis des pas qui piétinent, s’emmêlent, semblent traîner comme la pensée qui les dirige… Avez-vous noté avec quelle précision des pas, s’agît-il de traverser un couloir, révèlent un accueil, l’embarras de celui qui tombe mal, l’impatience de celui qu’on dérange ?
— Passez, monsieur.
— Après vous.
Et M. Lormier reparut. Un prêtre le suivait.
Il entra, timide, petit, les épaules effacées, son corps maigre perdu dans une soutane trop vaste, sans autre souci visible que celui d’éviter les meubles et de trouver un coin obscur où s’abriter. Bien qu’il ait dû m’apercevoir dès le seuil, il ne parut remarquer ma présence qu’une fois arrivé à la place qu’il s’était choisie, et, alors, son embarras redoubla. Tout en m’adressant une salutation suppliante, il balbutia :