style grec académique;—une enseigne sculptée, Aux Bons Enfants, chez un marchand de vin, rue de la Huchette;—Au Bon Conseil, qu’on voyait chez un marchand de vin de la rue Mauconseil et qui a disparu récemment: deux enfants, nus et couronnés de lierre, étaient à table; une espèce de Bacchus, assis sur un tonneau, leur versait à boire; de l’autre côté, une femme, également nue, suppliait ce gros homme de ménager la raison des deux enfants;—Au Soleil d’or, encore un marchand de vin, rue Saint-Sauveur, nº 84, tout près de la rue Montmartre: sous les rayons de ce soleil, d’un jaune vif, trois enfants font la vendange et dégustent le vin nouveau; de chaque côté du

soleil sont des raquettes, ce qui indique clairement l’existence d’un jeu de paume dépendant jadis du débit de vin.

On voyait aussi sur le quai de la Mégisserie deux enseignes sculptées, le Vieux Pêcheur et le Galant Jardinier; mais les architectes, qui ont démoli les maisons anciennes et rebâti les nouvelles, n’étaient pas payés pour s’intéresser à ces vieilles enseignes, coloriées comme des images de plâtre, qu’on a remplacées l’une par un tableau, l’autre par une statuette en bois coloriée. Rue de la Lingerie, nº 15, une enseigne en bois sculpté peint en bronze et argent représente le Bon Samaritain.

Il y avait autrefois des enseignes à figures en plâtre et en terre cuite, mais elles n’étaient pas faites pour résister longtemps aux accidents de la vie parisienne. Les enfants s’amusaient à les abattre à coups de pierres. Les enseignes sculptées en bois et peintes au naturel faisaient meilleure résistance, mais la pluie et le soleil en venaient à bout tôt ou tard, si l’on n’avait pas soin de les repeindre souvent pour les préserver de la destruction. Il fallait peindre aussi les enseignes en fer, qui ne craignaient que la rouille.

C’étaient quelquefois de bons ouvrages de ferronnerie, élégants et légers, travaillés, presque sculptés au marteau. Les marchands de vin appréciaient beaucoup ce genre d’enseigne, qui ne se détériorait pas, à condition qu’on en renouvelât la peinture tous les dix ans. Un marchand de vin de la rue Saint-Honoré, nº 33, près de la rue de la Ferronnerie, a encore une très jolie enseigne en fer forgé: A l’Enfant Jésus. Ce divin enfant est représenté debout sur la lettre H dans son monogramme, entre deux ceps de vigne. L’enseigne Au franc Pinos, qui représente une grappe de raisin suspendue au centre d’un enroulement de vigne, en

fer forgé, existe encore également chez un marchand de vin dont la boutique fait le coin de la rue des Deux-Ponts et du quai Bourbon. Le pinot, ou plutôt pineau, est une espèce de raisin noir qui fait le meilleur vin de Bourgogne et dont Rabelais vante les qualités. Un autre marchand de vin, nº 6, quai de l’École, aujourd’hui quai du Louvre, avait fait exécuter en fer son enseigne: Au Petit Suisse. Celui-ci monte la garde au milieu d’une treille; le tout est très haut en couleurs, comme si c’était un tableau de foire. Cette jolie enseigne, Au Petit Suisse, est répétée, avec une tout autre composition locale et sous un autre costume,