Boileau, dans une lettre à de Losme de Monchesnay[496], écrit: «Je vous dirai qu'un grand prince, qui avoit dansé à plusieurs ballets, ayant vu jouer le Britannicus de M. de Racine, où la fureur de Néron à monter sur un théâtre est si bien attaquée, il ne dansa plus aucun ballet.» Là-dessus, on croit Boileau sur parole[497]; dans le grand prince on reconnaît Louis XIV, et l'on se met à répéter partout que Britannicus l'a dégoûté de la danse théâtrale, etc., etc. Or, quand cette pièce fut jouée, à la fin de 1669, il y avait près d'un an qu'il ne dansait presque plus sur la scène. La dernière fois qu'il s'y était montré, il avait presque fallu lui faire violence. Le roy, dit Robinet[498]:

[496] Septembre 1707.

[497] L. Racine, Mémoires sur la vie de son père, 1747, in-8º, p. 80;—Voltaire, Siècle de Louis XIV, ch. XXVI.

[498] Gazette rimée, 9 mars 1669.

Le roy, même par complaisance,

Quoyqu'il n'eust dansé de longtemps,

Dansa comme les autres gens;

Il s'acquitta d'une courante

D'une manière très galante[499].