[197] Considérations politiques sur les coups d'État. V. aussi le Patiniana, p. III.

[198] V. le Mercure galant de de Visé, nov. 1683. Cette question, qui ne méritait d'occuper personne, fut résolue une première fois avec une netteté assez brutale par Lenglet du Fresnoy (L'Histoire justifiée contre les romans, 1735, in-12, p. 281), puis, beaucoup plus tard, avec un sérieux qu'elle ne comportait peut-être pas, dans le Magasin pittoresque, 1844, p. 298. Il y est bel et bien prouvé que toute l'erreur venait d'une aventurière qui s'était fait passer pour Jeanne d'Arc, quelques années après sa mort, et qui finit par épouser M. des Armoises, gentilhomme lorrain. Après la publication, dans le Mercure, de ce que le P. Vignier avait écrit à ce sujet, beaucoup de gens se passionnèrent pour sa chimère. Un chanoine de Beauvais, M. Foi de Saint-Hilaire, était de ceux qui y tenaient le plus, sans doute par esprit de corps et patriotisme de diocèse, puisque en prouvant que la Pucelle n'avait pas été brûlée, on aurait déchargé d'un crime la mémoire de l'évêque de Beauvais, Cauchon. Le 14 mai 1695, l'abbé Colbert, qu'il était, à ce qu'il semble, parvenu à convaincre, lui écrivait: «Je viens de faire un voïage à Rouen, où j'ai souffert perséqusion, de la part de ceux dont j'entreprenois la deffense, je veux dire de MM. de Rouen, qui, au lieu de se purger, comme ils le pourroient, du faux reproche qu'on leur fait d'avoir été les parricides de cette pauvre pucelle d'Orléans, trouvent fort mauvais qu'on dise qu'elle est morte très tranquillement en Loreine, au milieu de sa famille, dans le château de Vaucouleurs (car il me semble que c'est ainsi que vous m'avez dit qu'il s'appeloit). Je vous aurois fort souhaité pour m'ayder à prouver cette vérité.» (Catalogue d'autographes Laverdet, du 20 avril 1855, p. 44, nº 364.)

C'est Brantôme[199] qui accrédita cette histoire, dans un temps où, les favorites étant plus que jamais en grande puissance, il était d'un bon courtisan de vanter leur règne, dans le passé comme dans le présent.

[199] Dames galantes, disc. VI; édit. Ad. Delahays, p. 393.—Brantôme prenait cette belle histoire à Du Haillan (Hist. de France, in-fol., p. 1253). Beroalde de Verville (La Pucelle restituée, 1599, n-12, feuillet 32) l'avait déjà prise à la même source.

De nos jours l'on a douté de l'aventure[200], et l'on a fort bien fait, à mon sens. Il y a tant de choses qui prouveraient au besoin qu'elle ne dut pas être, si peu qui témoignent qu'elle est authentique.

[200] P. Clément, Hist. de Jacques Cœur, t. II, p. 211. Vallet de Viriville, Agnès Sorel, étude morale et polit. sur le XVe siècle, Paris, 1855, gr. in-8º, p. 14, note.—Agnès Sorel ne fut la maîtresse de Charles VII qu'en 1434. (Th. Bazin, Histoire de Charles VII, publiée par J. Quicherat, 1855, in-8º, t. I, p. 313.)

Sur quoi se fonde-t-on, en dehors du passage de Brantôme? Sur quelques vers de Baïf[201], paraphrasés par Fontenelle dans un de ses plus jolis dialogues, puis encore sur l'ingénieux et galant quatrain de François Ier:

[201] Liv. II de ses Poèmes.

Gentille Agnez, plus de los tu mérite,

La cause estant de France recouvrer,