[5] Mélanges de Malte-Brun, t. III, p. 55.

[6] Les Saisons du Parnasse, t. VI, p. 164.—Sapphonis Mytilenææ Fragmenta, par C.-F. Neue, 1827, in-4º.—M. J. Mongin, dans son remarquable art. Sapho de l'Encyclopédie nouvelle, a dit: «L'histoire merveilleuse du jeune Phaon, telle que la rapporte Polyphatus, et la tradition du saut de Leucade sont des récits populaires qui ne manquent pas, je crois, d'une certaine antiquité; mais c'est après coup, et au temps de l'épicuréisme qu'ils auront été rattachés au nom de Sapho. Pour ce qui est au moins du saut de Leucade, la chose m'est évidemment prouvée.»

[7] V. le curieux travail de M. Boissonade, Notice des Manuscrits, t. X, p. 157 et suiv.

[8] M. Egger, dans un article du Journal des Savants de 1861, a coulé à fond cette anecdote, ainsi que la plupart des faits sur lesquels s'était appuyé l'allemand R. Geier pour écrire près de 250 pages avec ce titre: Alexandre et Aristote dans leurs rapports réciproques, d'après les documents originaux.

[9] «Rien n'est mieux établi, dit M. Littré, que la fausseté de toute cette histoire, concernant Hippocrate et le roi des Perses.» (Œuvres d'Hippocrate, t. I, p. 429.)—«Le seul fondement de ce récit est la prétendue correspondance d'Hippocrate et du roi de Perse, par l'intermédiaire du satrape Histanès. Ces lettres sont l'œuvre d'un faussaire.» (P. de Rémusat, Les Sciences naturelles, in-18, p. 140.) Ce qu'on savait de la vie d'Hippocrate, qui fut vraiment le médecin des pauvres; ce que l'on connaissait «de l'exclusion absolue des riches et des grands de sa clientèle hippocratique», ainsi que l'a dit M. Rossignol, a donné lieu à ce conte. (Journal de l'Instruction publique, 7 juillet 1858, p. 427.)

[10] Spon, Miscellanea, p. 125.—Notices et Extraits des manuscrits, t. X, p. 133-137.—Spon a donné, d'après un monument ancien, la figure de l'amphore fêlée dans laquelle Diogène s'était fait un gîte. Elle a été reproduite à la p. 50 du t. I de notre Histoire des hôtelleries et cabarets.

[11] Les lanternes existaient, puisqu'il en est parlé dans l'Agamemnon d'Eschyle (v. 284) et dans un fragment d'Aristophane, cité par Pollux (Onomasticon, l. IX, 2, 26); mais cela ne suffit pas pour la vérité de l'anecdote. Diogène Laërce n'en a pas parlé, et par conséquent je n'y crois guère. M. Ch. Loriquet est de mon avis. (Essai sur l'Éclairage des anciens, Reims, 1853, in-8º, p. 34.)

Pour l'histoire romaine, j'aurais fait bien davantage, sans même avoir besoin de recommencer les destructions historiques de Niebühr, ni ces profanations dont s'indignait Ampère, lorsqu'il voyait par exemple ce qu'on aurait voulu faire, en Allemagne, de l'histoire de Lucrèce: «Il y a, dit-il[12], des savants allemands qui ont supposé que Lucrèce, vraiment coupable, s'était tuée pour se dérober au jugement de ses proches. C'est, ajoute-t-il, renouveler le crime de Sextus, comme Voltaire, en souillant le nom de Jeanne d'Arc, a imité les soldats qui voulurent la déshonorer dans sa prison. La pureté de la Pucelle d'Orléans, la chasteté de Lucrèce font partie du trésor moral de l'humanité.»

[12] L'Histoire romaine à Rome, 1855, in-8º, t. II, p. 242.

C'est aussi juste que bien dit, la légende de Lucrèce n'aurait donc certainement eu à craindre de ma part aucun attentat.