[225] Liv. VI, ch. VII.
[226] Commines, édit. de Mlle Dupont, t. II, p. 248.
Pour ce qui est de la venue de saint François de Paule, il paraît que dans cette affaire le saint homme avait autant besoin du roi de France que le roi du saint homme. Il était malade des écrouelles[227], que Louis XI guérissait par privilège royal, et Louis XI souffrait, sans compter la vieillesse, de toutes sortes d'infirmités que le saint guérissait par grâce divine. C'était donc entre eux un échange de vertus curatives: ni l'un ni l'autre ne s'en trouva mieux.
[227] Acta sancti Francisci Pauli, p. 155.—Isambert, Anciennes Lois françaises, t. XIV, p. 304.
On raconte que François de Paule, à sa première entrevue avec le roi, lui ayant dit: «Sire, je vais prier Dieu pour le repos de Votre Majesté[228].—Oh! priez seulement pour le corps, aurait répondu Louis XI; il ne faut pas demander tant de choses à la fois.» Je ne sais d'où vient cette anecdote, qui nous montre Louis XI faisant de l'esprit et de l'impiété, dans un moment où il devait avoir des préoccupations bien contraires. Ce n'est sans doute que la mise en scène de ce quatrain narquois que je me rappelle avoir lu au bas d'un portrait de Louis XI, longtemps conservé à Cléry, et maintenant au musée d'Orléans:
[228] On croit généralement, et M. H. Martin l'a répété dans son Hist. de France (4e édition, t. III, p. 18, note), que le titre de Majesté, abandonné sous Henri Ier, ne fut repris que par Louis XI; c'est une erreur, ainsi que l'ont prouvé M. L. Delisle (Biblioth. de l'École des Chartes, 4e série, t. II, p. 512, 553, 555) et M. H. d'Arbois de Jubainville (Quelques observations sur les six premiers volumes de l'Histoire de France de M. Henri Martin, 1857, in-8º, p. 58).
Du corps seulement la santé
Je demandois à Nostre-Dame.
Trop l'importuner c'eust esté
De la prier aussi pour l'âme[229].