[301] Mme de Norbelly, mariée en premières noces avec l'adjudant-major général Levasseur, était la mère de M. le général de division Levasseur.
[302] Biblioth. poétique, IIe part., p. 20.
[303] Année 1847, p. 278, et Derniers Portraits littéraires, p. 63-64.
[304] C.-Blaze, Molière musicien, t. I, p. 446.
Les autographes sur des faits déjà un peu connus et pour lesquels ils nous sont des preuves trop désirées, trop imprévues, m'ont toujours trouvé sur mes gardes contre l'espèce de certitude improvisée qu'ils apportent. Elle est, selon moi, trop complète pour l'être assez. Ici, quelques lignes imprimées de Querlon ou de l'abbé de Saint-Léger dans un des recueils où ils écrivaient d'habitude, eussent bien mieux été mon affaire. Je désespérais malheureusement de les trouver, et, de guerre lasse, je renonçais presque à poursuivre davantage la solution définitive de ce petit problème littéraire.
Après avoir vu pourtant avec quel dédain superbe M. Mignet, dans sa belle et sérieuse Histoire de Marie Stuart, affecte de ne pas parler de cette chanson, tandis que M. Dargaud[305], dans son livre romanesque sur la même reine, n'oublie pas de la donner pour authentique, je m'étais de plus en plus convaincu qu'elle devait être supposée[306].
[305] Hist. de Marie Stuart, 1850, in-8º, t. I, p. 134-135.—«Ces vers, dit M. Dargaud, sont désormais inséparables de son nom. Elle les acheva quelques semaines plus tard à Holyrood.» M. Dargaud avait, à ce qu'il paraît, sur cette partie de la vie de Marie Stuart, des mémoires particuliers. Il eût bien dû nous dire où ils se trouvent.
[306] M. Mignet (Histoire de Marie Stuart, 3e édit., Charpentier, 1854, in-12, t. I, p. 102-105) se contente de citer ce passage de Brantôme (t. V, p. 92-94): «Elle, les deux bras sur la pouppe de la galère du costé du timon, se mist à fondre à grosses larmes, jettant toujours ses beaux yeux sur le port et le lieu d'où elle estoit partie, prononçant toujours ces tristes paroles: «Adieu, France!» jusqu'à ce qu'il commença à faire nuict... Elle voulut se coucher sans avoir mangé, et ne voulut descendre dans la chambre de pouppe, et lui dressa-t-on là son lict. Elle commanda au timonnier, sitost qu'il seroit jour, s'il voyoit et découvroit encore le terrain de France, qu'il l'éveillast et ne craignist de l'appeler: à quoy la fortune la favorisa, car le vent s'estant cessé, et ayant eu recours aux rames, on ne fit guères de chemin cette nuict; si bien que le jour paroissant, parut encore le terrain de France, et n'ayant failly le timonnier au commandement qu'elle lui avoit faict, elle se leva sur son lict, et se mit à contempler la France, encore et tant qu'elle put... Adonc redoubla encore ces mots: «Adieu, France! Adieu, France! je pense ne vous voir jamais plus.» Toute cette scène ne vaut-elle pas mieux que le couplet de Querlon? Le silence de Marie Stuart, entrecoupé d'un seul cri d'adieu, n'en dit-il pas plus que cette romance, composée de sang-froid et chantée sur la poupe? Il n'y a de mise en tout ceci que les vers de Ronsard (édit. in-fol., t. VIII, p. 6-7). M. Mignet les cite:
Le jour que vostre voile au vent se recourba
Et de nos yeux pleurans les vostres desroba,