[344] Recherches de la France, liv. VIII, ch. XXI.


XXX

Si, comme je le pense, Brantôme n'avait pas dit vrai dans cette occasion, ce ne serait pas la seule fois qu'il eût erré en parlant de Charles IX. Ici, il lui a prêté un crime qu'il n'a sans doute pas commis; ailleurs, il lui prête un mot qu'il n'a pas dit.

A l'entendre, «ce roy tenoit que, contre les rebelles, c'estoit cruauté que d'estre humain et humanité d'estre cruel.» Le farouche apophthegme n'est pas de Charles IX; c'est un trait tiré des sermons de Corneille Muis, évêque de Bitonte[345], dont Catherine de Médicis, dans ses conseils à son fils, s'était fait un précepte favori.

[345] Bibliothèque choisie de Colomiez, 1682, in-12, p. 179.

D'Aubigné nous révèle cette particularité[346], et nous aide ainsi à corriger Brantôme. Son tour arrive d'être réfuté lui-même.

[346] Histoire universelle, t. II, liv. I, ch. II.