Le lendemain était jour de fête, la reine parut au salon dans ses plus beaux atours. Elle était couverte de velours, de dentelles, de bijoux; son collier seul valait l'impôt de vingt villages. Chacun admirait tant d'éclat.
—Voici, cria Briam, celle qui mangerait tout, si on la laissait faire.
C'en était fait de l'insolent si la reine n'eût pris sa défense.
—Pauvre fou, lui dit-elle, va-t'en, qu'on ne te fasse pas de mal. Si tu savais combien ces bijoux me pèsent, tu ne me reprocherais pas de les porter.
Quand Briam rentra dans sa chaumière, il conta à sa mère ce qui lui était arrivé.
—Mon fils, mon fils, dit la pauvre femme, ce n'est pas ainsi qu'il fallait parler.
—Que fallait-il dire, ma mère?
—Mon fils, il fallait dire: Voici l'amour et l'orgueil du roi.
—Bien, ma mère, je le dirai demain.
Le lendemain, le roi allait à la chasse. On lui amena sa jument favorite; il était en selle et disait négligemment adieu à la reine, quand Briam se mit à frapper le cheval à l'épaule: