Au milieu des cris et du tumulte, le chef des gardes se releva promptement, et, tirant son épée:

—Messieurs, dit-il, le tyran est mort. Vive la liberté! Je me fais roi et j'épouse la reine. Si quelqu'un s'y oppose, qu'il parle, je l'attends.

Vive le roi! crièrent tous les courtisans; il y en eut même quelques-uns qui, profitant de l'occasion, tirèrent une pétition de leur poche. La joie était universelle et touchait au délire, quand tout à coup, l'oeil terrible et la hache au poing, Briam parut devant l'usurpateur.

[Illustration: En ce moment, la reine entra tout effarée et se jeta aux pieds de Briam.]

—Chien, fils de chien, lui dit-il, quand tu as tué les miens, tu n'as pensé ni à Dieu ni aux hommes. A nous deux, maintenant!

Le chef des gardes essaya de se mettre en défense. D'un coup furieux
Briam lui abattit le bras droit, qui pendit comme une branche coupée.

—Et maintenant, cria Briam, si tu as un fils, dis-lui qu'il te venge, comme Briam le fou venge aujourd'hui son père.

Et il lui fendit la tête en deux morceaux.

Vive Briam! crièrent les courtisans; vive notre libérateur!

En ce moment, la reine entra tout effarée et se jeta aux pieds du fou en l'appelant son vengeur. Briam la releva, et, se mettant auprès d'elle en brandissant sa hache sanglante, il invita tous les officiers à prêter serment à leur légitime souveraine.