—C'est moi qui t'ai conduit ici.

Et l'Empereur lui dit:

—Pourquoi as-tu fait cela? Ne t'ai-je pas dit que tu n'étais plus ma femme?

Mais alors elle lui tendit la papier en disant:

—Il est vrai que tu m'as dit cela, mais vois ce que tu m'as accordé par ce papier. En te quittant, j'ai le droit d'emporter avec moi ce que j'aime le mieux dans ton château.

Quand l'Empereur entendit cela, il l'embrassa et retourna dans son château avec elle pour ne plus la quitter.

—A merveille, monsieur le conteur, lui dis-je; je retire ce que j'avais dit sur les dames de Dalmatie; en revanche, je vois qu'aux bords de l'Adriatique comme au Sénégal et peut-être ailleurs, ce sont les femmes qui sont maîtresses au logis. Ce n'est pas un mal. Heureuses celles qui exercent ce doux empire! plus heureux ceux qui se laissent gouverner!

—Pas du tout, reprit mon Dalmate toujours prêt à me donner un démenti; chez nous, ce sont les hommes qui sont maîtres à la maison; nous dînons seuls à table, et notre femme, debout, derrière nous, est là pour nous servir.

—Ceci ne prouve rien, répondis-je; il y a plus d'un homme qui, marié ou non, obéit à qui le sert; l'esclave n'est pas toujours celui qui porte la chaîne.

—S'il vous faut une preuve, s'écria mon incorrigible Dalmate, écoutez ce que mon père m'a conté. J'ai toujours soupçonné que l'excellent homme était le héros de cette histoire.