—Calderon! s'écria-t-elle, don Rodrigues Calderon! Est-ce votre nom? n'en avez-vous jamais eu d'autre?

À peine eut-elle prononcé ces mots, qu'elle s'approcha de lui toute tremblante.

—Calderon est mon nom, balbutia le marquis d'une voix émue.

La novice vint se placer si près de Calderon, qu'elle sentit sur son front le souffle de cet homme. Alors, lui saisissant le bras, elle attacha sur ses traits un regard si perçant, si scrutateur et si profond, que Calderon ne put se défendre d'une terrible pensée. Un instant il crut que la pauvre novice était folle.

Margarita leva lentement ses grands yeux noirs sur la glace qui réfléchissait son visage et celui de Calderon.

La fraîcheur et le vif incarnat des joues de la novice avaient fait place à une pâleur livide, pareille à celle du visage de Calderon. Il y avait alors entre ces deux personnes ainsi groupées une ressemblance saisissante... Tous deux se regardèrent dans la glace, et en furent à l'instant frappés. Ils poussèrent un cri douloureux.

Margarita porta sa main frémissante dans les plis de sa robe, en tira un petit portefeuille fermé avec des agrafes d'argent. Elle pressa le ressort, l'ouvrit, et dévora du regard un portrait en miniature, qu'elle compara au visage altéré de Rodrigues.


IX

Sur ces entrefaites, Fonseca s'était rendu au couvent de Sainte-Marie de l'Épée blanche, mais il n'y trouva plus le portier. Il courut à la maison que Calderon lui avait indiquée. Il allait entrer, quand soudain il entendit prononcer son nom. Il s'approcha du lieu d'où partait la voix, et reconnut, blotti dans un enfoncement du mur, le portier du couvent.