Calderon s'inclina profondément et sortit.

En traversant les appartements du palais, il aperçut dans l'embrasure d'une fenêtre son ennemi juré, le duc d'Uzeda, causant familièrement avec le jeune prince.

Au même instant le duc de Lerme entra par la porte opposée.

Ce dernier fut désagréablement surpris de voir régner entre son fils et le prince une intimité que tous ses efforts n'avaient pu empêcher.

Il fit rapidement à Calderon un signe d'intelligence, et, sans être aperçu de son fils, il sortit par la porte même qui lui avait donné entrée.

Calderon suivit le duc, et ils pénétrèrent dans une chambre dont ce dernier ferma soigneusement la porte.

—Rodrigues, dit-il, que signifie cela? d'où vient cette liaison de mauvais augure?

—Votre Éminence sait que j'arrive de Lisbonne; cette liaison est encore une énigme pour moi.

—Il faut en pénétrer la cause, mon bon Rodrigues. Le prince détestait Uzeda; il faut réveiller en lui les mêmes sentiments, sans cela nous sommes perdus.

—Non pas, s'écria fièrement Calderon; je suis secrétaire du roi, et j'ai des droits à la reconnaissance et à la protection de Sa Majesté.