VII
Le lendemain, à midi, Calderon vint voir Fonseca dans sa prison. Le jeune officier était assis près d'une fenêtre qui s'ouvrait sur une cour sombre et spacieuse. Sa physionomie trahissait un violent désespoir.
Il se leva dès qu'il vit entrer Calderon.
—Enfin, s'écria-t-il, vous venez me rendre à la liberté? Vous en avez l'ordre sur vous?
—Pas encore, mon cher Fonseca; mais soyez sans inquiétude, j'ai vu le duc. Le motif de votre arrestation est tel que je le soupçonnais: quelques paroles imprudentes que vous avez laissé échapper. Vous avez trahi dans ces paroles la résolution de ne jamais renoncer à Margarita. Le duc de Lerme ne veut pas de cette mésalliance. Votre captivité se prolongera si vous ne prenez pas l'engagement solennel de laisser Margarita prendre le voile.
Fonseca, que ces paroles faillirent rendre fou, regarda Calderon avec des yeux hagards. Calderon continua:
—Cependant il ne faut désespérer de rien. Patience! le duc finira peut-être par se laisser fléchir, et d'ailleurs je me sens le courage, pour servir vos intérêts, d'appeler de la sentence du duc au roi lui-même.
—Et ce soir elle m'attend! s'écria le jeune homme; ce soir elle devait être libre!
—On lui dira ce qui est arrivé; nous avons des intelligences dans la place.
—Retirez-vous, faux ami, ministre sans pouvoir! Sont-ce là vos promesses de me venir en aide? Mais je ferai connaître à Sa Majesté elle-même le malheur qui m'accable. Je verrai si Philippe ni réserve un pareil traitement aux défenseurs de sa couronne. Don Rodrigues, voulez-vous porter une lettre à votre maître? Ce service est le seul que je réclame de vous.