X
On n'a pas oublié ces représentations magnifiques et fort singulières, qui se donnèrent à Bayreuth, vers la mi-août 1876, des grandes pièces d'opéra, composant la tétralogie de l'Anneau du Niebelung. On joua l'Or du Rhin, le 14; la Valkyrie, puis Siegfried, les journées suivantes; et enfin, le 17 août, fut chanté pour la première fois, l'opéra qui clôt ce drame immense: le Crépuscule des Dieux.
L'après-dînée de ce jour-là, vers quatre heures, M. Smithson se promenait de long en large, devant la façade du théâtre, en compagnie de M. de Cramm, qu'il venait, à l'instant, d'y rencontrer. Depuis trois ans, ce vilain escargot ne faisait plus partie de la maison de Charles d'Este, et il vivait à Blankenbourg; de manière qu'après les compliments d'abordée, il demanda des nouvelles de Son Altesse, du comte d'Œls, de M. d'Andonville, qui était retourné en Normandie, et même, de quelques anciens domestiques; à quoi, Smithson répondait à mesure.
—Et la bonne Augusta? reprit le baron.
—Morte à Rome, dit l'Américain; et il ajouta que la pauvre dame avait fini par tomber dans un si triste état de paralysie et d'autres maux, depuis la fuite de son fils, que la mort l'avait en effet, délivrée.
—Ah! dit M. de Cramm, et le comte Franz?
—On prétend qu'il vit retiré avec sa femme, dans je ne sais quel coin de la Bohême, répondit Smithson. Le comte Nostitz, je crois, l'a recueilli comme intendant, régisseur d'une grande terre.
—Et le «signor» Arcangeli? demanda M. de Cramm, en baissant la voix.
—Ah! ne m'en parlez pas, répliqua l'Américain...