Vassili Manès continua:

—Le Grand-Duc vous a fiancé à la jeune princesse Isabelle de Bourbon et Bragance, sa pupille et votre cousine. Il me charge de vous l'apprendre aujourd'hui même. Des deux nouvelles dont je suis le messager, Monseigneur, c'est la deuxième, assurément, qui est pour vous la plus heureuse.

—Me marier! s'écria Floris. Ah! je vous en conjure, monsieur, que l'on me permette, dans cette affaire, de ne consulter que mon propre cœur!

—Votre mère l'a élevée, dit le savant. Elle est aussi bonne que belle.

—Je ne veux pas me marier!

—Le Grand-Duc, poursuivit Vassili, est le tuteur de la princesse. Il y a longtemps que cette union est destinée entre les deux maisons. Par malheur, votre frère est entré dans les ordres. La princesse a des biens immenses: les profusions du Grand-Duc ont attaqué les fondements de ce que, dans les particuliers, on appelle leur fortune. Votre père veut ce mariage; il n'y souffrira aucune objection.

—Je ne l'aime pas! dit Floris.

—Vous l'aimerez, quand vous l'aurez vue...

—Non, non! je ne puis pas l'aimer et je ne le veux point.

—Elle a été, dit le savant, la joie et la consolation de votre mère, depuis plus de quatorze années.