Conclusion: En 1820, on évaluait à vingt mille les mâles adultes des Apaches-apaches; cinquante ans après, le nombre n'était plus porté qu'à cinq mille.
Voleurs de chevaux, voleurs de moutons, il ne leur sera pardonné que lorsqu'ils auront été exterminés jusqu'au dernier. Ce que le propriétaire de brebis hait le plus au monde, c'est le loup, même si le loup a pris forme humaine. Race errante, affamée, altérée, race traquée et poursuivie, race endurante, rusée et passionnée, indomptable à la fatigue et à la souffrance, l'Apache, peuple loup, aura le sort du loup. Le loup périra, mangé par le mouton: le mouton n'est point ce qu'un vain peuple pense. Le mouton avance irrésistible, chassant devant lui les tigres et les lions, chassant l'homme.
—L'homme?
—Oui, l'homme. Demandez à ces milliers d'Anglais, à ces milliers d'Écossais, à ces milliers d'Irlandais, qui ont dû se jeter à la mer, reculant devant les troupeaux de moutons que poussaient quelques nobles lords, grands propriétaires.