[228] Naïrs, Nayeurs, Naïmar, les guides, chefs ou conducteurs.

[229] Tcher, terre, mour, moucoul, enfants.

[230] Tayeurs, Tayar ou Chogans, Chagoouâns, Chanars, serviteurs, ou Tchanars (démonolâtres).

[231] Dubois, Mœurs de l'Inde.

[232] Duncan, Asiatic Researches, 1799.

Outre leur physionomie particulière, et certains détails du costume, les brahmanes se reconnaissent à la houppette de cheveux qu'ils portent en avant, houppette que tous autres rejettent en arrière. Les Naïrs se rasent la tête, ne ménageant qu'une boucle étroite et mince, nouée au bout, qu'ils étendent à plat sur le crâne; les femmes ont le bon sens de respecter leur longue chevelure, d'un noir éclatant. Teint brun olive, extrémités fines, taille élégante, maintien noble, port distingué. C'est une race bien venue, qui, au dire de Richard Burton, ressemble singulièrement aux portraits qu'on donnait, à la fin du dernier siècle, comme représentant les insulaires du Pacifique.

Les Naïrs de l'ancien type, autant de guerriers spartiates, autant de chevaliers d'une Cour d'Amour. Tous savaient au moins lire et écrire; mais leur principale éducation se faisait au gymnase et à la salle d'armes, où ils apprenaient à mépriser la fatigue, à ne pas se soucier des blessures, à montrer un courage indomptable qui souvent frisait la témérité et même la folie. Ils allaient au combat presque nus, jetaient avec une égale virtuosité leur lance en avant et en arrière, tiraient de l'arc avec une telle adresse, qu'il leur arrivait de piquer une seconde flèche dans la première[233]. Leur agilité extraordinaire les faisait redouter dans les combats des forêts et jungles. Ils se vouaient à la mort sans trop se faire prier, et alors un seul tenait pied contre cent. Ceux que le prince attachait à sa personne tenaient à honneur de ne pas lui survivre. Écoutons Pyrard qui les vit en leur beau temps:

[233] Graul, Reise nach Ost Indien.

«Les Naires... sont tous seigneurs du pays, et vivent de leurs revenus et de la pension que le roi leur donne. Ce sont les hommes les plus beaux, mieux formez et proportionnez que je vis jamais; ils sont de couleur basannée et olivastre, et tous de taille haute et alaigre; au demeurant, les meilleurs soldats du monde, hardis et courageux, fort adroits à manier les armes, avec une telle dextérité et souplesse de membres qu'ils se plient en toutes les postures qu'on sçaurait dire, de sorte qu'ils esquivent et parent subtilement tous les coups qu'on pourrait leur porter, et se lancent contre leurs ennemis en même temps[234]

[234] Voyage de François Pyrard (au commencement du XVIIe siècle).