[293] Malte-Brun, Annales, 1820.
On nous décrit ainsi les monticoles:
«Race chétive. Les hautes tailles atteignent 1m,58, les moyennes 1m,52; les petites, celles de 1m,42, sont assez nombreuses. Teint foncé. La chevelure, longue et hérissée chez les femmes, tourne au laineux chez les hommes, dont la barbe grisâtre a la rudesse des soies. Bouche petite, lèvres grosses. Poitrine plate, de faible circonférence; épine dorsale quelque peu concave. Longs bras, courtes jambes. Genoux tournés en dehors. Ongles imparfaitement développés. «La race autochtone de l'Inde méridionale, prononce Huxley, a une frappante ressemblance avec les indigènes de l'Australie.» Même profil, même front en surplomb, même chevelure molle et luisante. Arrachez leurs loques, mettez-les tout nus, vous ne les distingueriez.»
Ce portrait, dans ce qu'il a de peu flatteur, s'applique sans conteste aux misérables Iroulas et Couroumbas, aux Cotas à un moindre degré, pas du tout aux Badagas, gros de la population, encore moins aux Todas. Ici, comme en beaucoup d'autres endroits, le genre de vie et l'état social l'emportent sur les questions de race et d'origine. Le signalement, assez correct en ce qui concerne les sylvicoles, devient inexact pour les artisans, faux pour les agriculteurs et bergers.
Les Todas[294] habitent, au nombre d'un millier, la partie supérieure des Nilgherris, en des hameaux clairsemés. Ils se disent les premiers habitants du sol.
[294] Tudas, Toders, Todaurs, Thautawers.
Ils font plaisir à voir. Couleur chocolat clair, comme les montagnards du Béloutchistan. Taille haute, bien proportionnée, de 1m,725 le plus souvent. Membres robustes et musculeux, les extrémités n'ayant rien de la délicatesse et de la gracilité indoues. Traits réguliers. Les yeux bruns, vifs et d'un étonnant éclat, ont une expression pleine d'intelligence, souvent douce et mélancolique, laquelle rappelle le regard du chien. Chez quelques individus, à la moindre surexcitation, les yeux étincellent comme des diamants. Physionomie juive—on n'a pas manqué de découvrir que ces figures, dissemblables à celles des voisins, appartenaient aux descendants des dix tribus perdues d'Israël.—Nez aquilin, lèvres épaisses. Barbe bouclée, chevelure abondante, formant couronne[295]. Le système pileux, remarquablement développé, les distingue de l'Indou[296] et du Dravidien. Leur longévité l'emporte de beaucoup sur celle des Européens, mais on a cru remarquer qu'à manger trop d'opium, ils perdaient de leur fécondité[297].
[295] Caldwell.
[296] Quatrefages.