Et comment se dévouer et mourir, si l'on ne croit pas à la vie éternelle?
Napoléon qui était mort en apparence, devait revenir dans le monde en la personne d'un homme réalisateur de son esprit.
Salomon et Charlemagne reviendront aussi en un seul monarque, et alors saint Jean l'Évangéliste, qui, selon la tradition, doit revivre à la fin des temps, ressuscitera aussi en la personne d'un souverain pontife, qui sera l'apôtre de l'intelligence et de la charité.
Et ces deux princes réunis, annoncés par tous les prophètes, accompliront le prodige de la régénération du monde.
Alors fleurira la science des vrais magiciens: car, jusqu'à présent, nos faiseurs de prodiges ont été pour la plupart des hommes fatals et des sorciers, c'est-à-dire des instruments aveugles du sort.
Les maîtres que la fatalité jette au monde sont bientôt renversés par elle. Ceux qui triomphent par les passions seront la proie des passions. Lorsque Prométhée fut jaloux de Jupiter et lui déroba sa foudre, il voulut se faire aussi un aigle immortel, mais il ne créa et n'immortalisa qu'un vautour.
La fable dit encore qu'un roi impie nommé Ixion voulut faire violence à la reine du ciel, mais il n'embrassa qu'une nuée mensongère, et fut lié par des serpents de feu à la roue inexorable de la fatalité.
Ces profondes allégories menacent les faux adeptes, les profanateurs de la science, les séides de la magie noire.
La force de la magie noire c'est la contagion du vertige, c'est l'épidémie de la déraison.
La fatalité des passions est comme un serpent de feu qui roule et se tortille autour du monde en dévorant les âmes.