Ce prince de l'anarchie servi par une hiérarchie de purs esprits.
Ce banni de Dieu qui serait partout comme Dieu est sur la terre, plus visible, plus présent au plus grand nombre, mieux servi que Dieu même!
Ce vaincu auquel le vainqueur donnerait ses enfants à dévorer!
Cet artisan des péchés de la chair à qui la chair n'est rien, et qui ne saurait par conséquent rien être à la chair, si on ne l'en suppose créateur et maître comme Dieu!
Un immense mensonge réalisé, personnifié, éternel!
Une mort qui ne peut mourir!
Un blasphème que le verbe de Dieu ne fera jamais taire!
Un empoisonneur des âmes que Dieu tolérerait par une contradiction de sa puissance, ou qu'il conserverait comme les empereurs romains avaient conservé Locusta, parmi les instruments de son règne!
Un supplicié toujours vivant pour maudire son juge et pour avoir raison contre lui puisqu'il ne se repentira jamais!
Un monstre accepté comme bourreau par la souveraine puissance et qui, suivant l'énergique expression d'un ancien écrivain catholique peut appeler Dieu le Dieu du diable en se donnant lui-même comme un diable de Dieu!