[Note 95: ][ (retour) ] Commerce maritime de Civita-Vecchia:

En 1863... 33,690,000 fr. En 1868.. 24,990,000 fr.

Mouvement des navires dans les ports romains en 1873:

Civita-Vecchia.... 2,627 entrées et sorties... 520,000 tonnes,
Fiumicino......... 1,476 » 63,000 »
Porto d'Anzio..... 1,295 » 30,900 »
Terracine......... 952 » 33,500 »

[Note 96: ][ (retour) ] Communes du Latium ayant plus de 10,000 habitants:

Rome..... 256,000 habitants (1875). Velletri.. 13,500 habitants (1871).
Viterbe.. 20,600 » (1871). Alatri.... 12,800 » »

La grande ville qui sert d'intermédiaire entre Rome et Ancône, entre la vallée du Tibre inférieur et la région des Apennins de Toscane et des Marches, est le chef-lieu de l'Ombrie, l'antique Pérouse, l'une des puissantes cités étrusques des premiers temps de l'histoire, une de celles dont le voisinage, sondé par les travaux de fouille, a livré aux regards des tombeaux du plus saisissant intérêt. Après chaque guerre, après chaque période de destruction et de ruine, la ville s'est relevée, grâce à sa position des plus heureuses au bord d'une plaine très-fertile et au point de jonction de plusieurs routes naturelles. A la fois toscane et romaine, elle devint, à l'époque de la Renaissance, le siège de l'une des grandes écoles de peinture; par Vanucci «le Pérugin», sa gloire est une des plus éclatantes de l'Italie. Il reste encore à Pérouse de beaux monuments de cette époque célèbre. Actuellement la ville n'est plus l'une des capitales artistiques de la Péninsule, mais, comme siége d'université, elle a toujours son groupe de littérateurs et d'érudits; elle est aussi fort active, surtout pour le commerce des soies gréges; la propreté de ses maisons et de ses rues, qui cependant ont gardé leur aspect original, la pureté de son atmosphère, le charme de sa population, y attirent chaque eté une partie considérable de la colonie d'étrangers riches qui passent l'hiver à Rome. Pérouse a de beaucoup distancé son ancienne rivale, Foligno ou Fuligno, dont le bassin lacustre est changé en campagnes d'une si grande fertilité et qui fut jadis le principal marché d'échanges de toute l'Italie centrale; ses habitants, fort industrieux, ont gardé quelques spécialités de fabrication, entre autres le tannage des cuirs. Quant à la ville d'Assisi, si gracieuse à voir dans son doux paysage, elle est à bon droit célèbre par son temple de Minerve, si parfaitement conservé, et par le couvent magnifique où l'on admire les fresques de Cimabüe, «le dernier des peintres grecs,» et celles de son continuateur Giotto, «le premier des peintres italiens;» ce n'est qu'une bourgade sans activité, mais elle est entourée d'une banlieue agricole, riche et populeuse: c'est là que naquit, à la fin du douzième siècle, François d'Assise, le fondateur de l'ordre fameux des Franciscains.

D'autres villes secondaires de l'Ombrie, sans grande importance commerciale, ont du moins un nom considérable dans l'histoire ou se distinguent par la beauté de leurs monuments ou de leurs paysages [97]. Spoleto, dont Hannibal ne put forcer les portes, a sa basilique superbe au porche si original, son viaduc romain jeté sur une gorge profonde et ses montagnes couvertes de bois de pins et de châtaigniers; Terni a dans les environs l'un des plus beaux spectacles de l'Italie, la puissante cascade du Velino, dont les Romains ont taillé le lit dans la roche vive; Rieti, jadis surnommée l'Heureuse, a son lac, reste de l'ancienne mer qu'a vidée la chute du Velino, à la tranchée delle Marmore. Au nord du Tibre, sur les frontières de la Toscane, la fière et malpropre Orvieto, où se fabriquait jadis le fameux remède dit orviétan, la vieille cité papale hérissant de ses clochers et de ses tours le promontoire de scories qui la porte, possède la merveilleuse façade de sa cathédrale, aux mosaïques incrustées, qui en font un chef-d'oeuvre d'ornementation et presque de bijouterie. Enfin, les deux villes principales de l'Apennin d'Ombrie, Città di Castello, située au bord du ruisseau qui deviendra le Tibre, et Gubbio, bâtie au coeur même des montagnes, sont toutes les deux riches en sites charmants ou grandioses, et l'une et l'autre ont des eaux médicinales fréquentées. Les érudits vont visiter dans le palais municipal de Gubbio les fameuses «tables Engubines», sept plaques de bronze couvertes de caractères ombriens: ce sont les seuls monuments de ce genre qui nous restent. À moitié chemin entre Pérouse et Città di Castello, dans une région des plus fertiles que parcourt le Tibre, la petite ville de Fratta, dont le nom a été récemment changé en celui d'Umbertide, n'a d'importance que par son commerce local.

[Note 97: ][ (retour) ] Communes de l'Ombrie ayant plus de 10,000 habitants en 1871:

Pérouse (Perugia)..... 49,500 hab.
Città di Castello..... 24,000 »
Gubbio................ 22,700 »
Fuligno............... 21,700 »
Spoleto............... 20,700 »
Terni................. 16,000 »
Orvieto............... 14,600 »
Rieti................. 14,200 »
Assisi................ 14,000 »
Umbertide (Fratta).... 11,000 »

Sur la mer Adriatique, le port des contrées romaines est Ancône, la vieille cité dorienne, encore désignée par le nom grec qu'elle doit à sa position, à l'angle même de la Péninsule, entre le golfe de Venise et l'Adriatique méridionale. Près de la racine du grand môle, un bel arc triomphal, un des édifices de ce genre les plus beaux et les mieux conservés qui subsistent encore, rappelle l'importance qu'attachait Trajan à la possession de cette porte maritime. Grâce à sa situation privilégiée, et naguère aussi à la franchise commerciale de son port, amélioré par l'art et dragué partout à 4 mètres de profondeur, Ancône est une des trois cités les plus commerçantes de la côte orientale de l'Italie et la huitième de tout le littoral de la Péninsule; elle vient après Venise et dispute la prééminence à Brindisi, bien qu'elle ne soit pas, comme cette dernière, une étape du chemin des Indes. Elle a pour alimenter son commerce, non-seulement ce que lui envoient Rome et la Lombardie, mais aussi les denrées de la campagne des Marches, des fruits exquis, des huiles, l'asphalte des Abruzzes, le soufre des Apennins, récemment entré dans le commerce, et la «meilleure soie qu'il y ait au monde», si l'on en croit les indigènes; d'après les registres du port, le trafic se serait notablement accru pendant les dernières années: mais cette augmentation est en grande partie apparente, car elle provient des grands bateaux à vapeur qui font escale aux jetées de la ville [98]. Les autres ports du littoral, d'ailleurs fort mal abrités, n'ont qu'un faible commerce; Pesaro, la patrie de Rossini, n'est guère visitée que par des navires de vingt à trente tonneaux; Fano n'a que de simples barques; Senigallia, plus connue à l'étranger sous le nom de Sinigaglia, était assez fréquentée par les embarcations à l'époque de la célèbre foire, qui donnait lieu à un mouvement d'affaires d'environ 25 millions; mais son petit havre de rivière, qui fut un port franc jusqu'en 1870, époque de la suppression de la foire, ne donne accès qu'à des navires d'un tirant d'eau de 2 mètres. Toutes ces villes de la côte doivent expédier à Ancône la plus grande partie de leurs denrées.

[Note 98: ][ (retour) ] Mouvement du port d'Ancône:

1858 2,021 navires jaugeant 258,292 tonneaux.
1867 2,024 » » 372,877 »
1873 2,129 » » 751,803 »