— Attention là-bas, conseilla Brouland, aux coups de soleil. De la prudence.
— J’en aurai, lui répondit Jules, plus sérieux. Je mettrai un turban de gaze par-dessus mon casque.
— Et, poursuivit Bernard, je te souhaite de ne plus croire à l’argent.
— Encore ta vieille marotte ! Tu vois bien pourtant que sans lui, tu ne peux rien.
— Non, moins que jamais j’y crois. Mon royaume n’est pas de ce monde.
— Que veux-tu ? dit Jules, riant un peu « du royaume » de Bernard, chacun le sien.
Et il ajouta, convaincu décidément que son beau-frère était, par vocation, destiné à toutes les catastrophes :
— Ce qui est doit être.
Chargé de cette devise fataliste, Jules s’enfonça dans la nuit qu’illuminait, devant ses pas impatients, un torrent d’or où ses mains brassaient de la puissance et des spéculations illimitées.
La pensée de Bernard le suivit avec une compassion plus haute que le dédain de Jules pour lui ; et, si on lui avait offert d’échanger son propre abaissement contre les fausses grandeurs dont Jules s’enfiévrait, il eût pressé plus fort sur sa poitrine la pauvreté, son amoureuse.