Mais, ajouta Mgr Chênedru, ce n’était point pour elle seule qu’elle devait être chrétienne ; il fallait que sa naissance à la grâce fût un signe et un exemple, et qu’autour d’elle la lampe ardente de sa piété resplendît…

Ensuite, le baptême commença. L’archevêque, s’étant assis, énonça, selon les formules rituelles, les mêmes questions que les évêques des premiers siècles posaient, dans les catacombes, aux jeunes chrétiennes de Rome.

Pauline y répondait en latin, et, chaque fois qu’elle réitérait le simple mot : Credo, la conviction de sa foi s’implantait plus avant dans son être, par cela seul qu’elle l’affirmait.

Puis, il se leva, l’exorcisa en soufflant sur elle ; et elle s’humilia sans effort sous l’idée que sa personne avait pu être un temple de l’Esprit immonde. Son âme, à cette heure, était souple, fondue d’amour, telle que l’or liquide et rouge, quand on le verse dans le creuset.

Il lui fit avec le pouce une croix sur le front et dit en même temps :

— Signe ton front, pour que tu reçoives la Croix du Seigneur.

Et il continua :

— Signe tes oreilles, pour que tu entendes les divins préceptes. Tes yeux, pour que tu voies la clarté de Dieu. Ton nez, pour que tu sentes l’odeur de suavité du Christ. Ta bouche, pour que tu dises les paroles de vie. Ta poitrine, pour que tu croies en Dieu. Tes épaules, pour que tu prennes sur toi le joug de sa servitude…

Le Christ prenait possession de sa servante, l’investissait tout entière, la voulant sienne « dans les siècles des siècles ». L’archevêque exorcisa et bénit le sel qu’il mit sur la langue de « l’Élue », afin que ce principe de force et de sagesse pénétrât dans sa chair et y demeurât éternellement. Le parrain et la marraine marquèrent, à leur tour, avec le pouce, le front de Pauline d’un signe de croix. De la main du père et de la mère qui, par Julien, avaient mis en elle les premiers rudiments de sa croyance, ce geste, trois fois recommencé, équivalait à une attestation de leur paternité acquise dans la douleur ; et ce fut, pour eux tous, une des minutes les plus solennelles de la cérémonie.

Pauline suivait sur son Rituale romanum le sens intime des oraisons, en apparence impersonnelles, mais exactement faites à son intention. Dans un des exorcismes le célébrant disait :