— Tentateur maudit, ne viole jamais ce signe de la Croix sainte que nous mettons sur son front… Va-t’en, tremblant et gémissant. C’est Jésus-Christ qui te le commande, lui qui marcha sur la mer, et tendit sa droite à Pierre qui sombrait.

C’était là une des images où elle se reconnaissait le plus familièrement : l’élan de Pierre marchant sur les vagues à la rencontre du Maître qu’il avait d’abord pris pour un fantôme, son cri d’angoisse : « Seigneur, sauve-moi ! » et la main toute-puissante tendue à sa faiblesse : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

De même, plus loin, l’invocation au Dieu qui a ouvert les yeux de l’aveugle-né lui remémora le mot de Julien, si vrai dans sa sévérité !

L’archevêque lui imposa sa main sur la tête ; avec lui et les assistants elle prononça le Credo et le Pater ; il trempa son pouce dans l’huile sainte, accomplit des onctions sur la poitrine et entre les épaules de celle que le baptême allait sanctifier. Car l’instant était venu pour Pauline de recevoir l’eau de la vie éternelle ; sa personne était soustraite au Prince de ce monde ; elle pouvait devenir le tabernacle de l’Esprit-Saint.

Une fois encore l’archevêque, en latin, lui demanda :

— Crois-tu au Dieu omnipotent, créateur du ciel et de la terre ?

— J’y crois.

— Crois-tu en Jésus-Christ, son fils unique, notre Seigneur, qui est né et qui a souffert ?

— J’y crois.

— Crois-tu en l’Esprit-Saint, en la sainte Église catholique, en la rémission des péchés ?…