— Pourquoi dis-tu : Et avec Jérôme ?
— Parce qu’il revient de la guerre, parce que c’est un camarade, un très bon garçon, parce que…
— Eh bien ! Parce que ?…
— Parce qu’il a peut-être des vues sur toi.
Agnès partit d’un rire fébrile, se prit la tête entre les mains, et, sur un ton énervé qui la trahissait :
— Tu t’abuses, Toinon, tu t’abuses. Il a voulu se prouver à lui-même qu’il est un héros aventureux…
Mme Élise ne fit, en présence des deux sœurs, aucune allusion à l’acte irréfléchi de Jérôme. Elle croyait maladroit même d’excuser sa « vivacité ».
En plaisantant, elle l’avertit :
— Jérôme, tu n’y vas pas de main morte. Tu enlèves les demoiselles comme un meunier un sac de farine.
— Vous trouvez que j’ai eu tort ? N’était-ce pas la plus simple solution ?