[268] I, II, 15-16.

Voyait-il d’avance la ruine de Jérusalem et tous les châtiments qui tomberaient, au long des siècles, sur le peuple au cou raide ? Il connaissait les prédictions de Jésus ; mais il songeait davantage à la disgrâce intérieure, à cet entêtement surnaturel qui cesserait vers la fin des temps.

Quand viendrait celle-ci ? De tout son désir il l’attendait, il l’exigeait. Il voulait pour l’univers l’évidence fulgurante dont lui-même avait reçu l’illumination. Oui, quand donc le Seigneur Jésus apparaîtrait-il « avec les Anges de sa puissance, dans le flamboiement du feu ?… Alors Il donnerait leur dû à ceux qui n’écoutent pas l’Évangile[269] », et Il serait glorifié en ses Saints.

[269] II Thessal. I, 8-10.

Paul, sur le moment de la Parousie, ne savait qu’une chose : « Le jour du Seigneur arrivera comme un voleur nocturne. » Cependant, l’Église primitive admettait certains signes annonciateurs ; et, à Thessalonique, il avait enseigné ce qu’il tenait sans doute de la tradition commune au sujet de ce grand mystère[270].

[270] II Thessal. II, 14.

« Il faut auparavant que vienne l’apostasie (des peuples) et que se manifeste l’homme de péché, le fils de perdition, celui qui s’oppose[271] et s’exalte au-dessus de tout ce qui porte le nom de Dieu, au point de s’asseoir en trônant dans le temple de Dieu, et de se poser en Dieu. »

[271] Paul dépeint l’Anté-Christ, sans le nommer expressément.

Quelqu’un d’invisible empêchait l’avènement de l’homme « sans loi ». Mais l’obstacle[272], pour un temps, serait écarté, et l’impie se manifesterait en des signes et des faux prodiges, dans toutes les séductions de l’iniquité. Alors le Seigneur Jésus l’exterminerait sous la gloire de sa Parousie.

[272] L’obstacle, selon Tertullien (voir Vosté, Commentaire, ch. V, 6) serait l’Empire romain, principe d’ordre et de paix, continué dans l’Église romaine. Mais Paul se représente quelqu’un de personnel. On a ingénieusement supposé un Archange protecteur de l’Église, saint Michel entre tous. Il est encore plus simple d’avouer qu’on n’a pas le mot de l’énigme.