[276] II Thessal. II, 2.
Quand Paul, à Corinthe, apprendra cette agitation, il se hâtera d’écrire aux Thessaloniciens et de restituer en leur esprit la vérité, telle qu’il l’enseignait.
Pour l’heure, le voici, fugitif encore, sur la route d’Athènes ; on dirait le Juif errant de l’apostolat ; à chacun de ses pas qu’ils précipitent, ses ennemis poussent l’Évangile en avant. Les églises de Thessalonique et de Bérée ne mourront point, et celle de Corinthe va naître.
On n’est pas du tout certain qu’il se soit embarqué à Méthone, qu’il ait gagné Athènes par mer. Il a pris le chemin de la côte ; mais il a pu, ensuite, remonter vers les défilés de la Thessalie[277]. « Ceux qui le conduisaient, disent les Actes, le menèrent jusqu’à Athènes. » Ces termes seraient bizarres, s’ils se rapportaient à une traversée.
[277] C’est l’opinion soutenue par Knabenbauer dans son commentaire des Actes.
En franchissant, un soir d’automne, les Thermopyles, j’ai songé avec une étrange émotion que l’Apôtre avait peut-être passé dans ces gorges épiques ; et, vraiment, j’y reconnus le double aspect de sa vie : en bas, le lit d’un torrent, resserré entre les deux pentes sombres de la montagne ; plus haut, des môles abrupts, des arbustes épars, des chênes aux feuilles rougies qui paraissaient flamber, des cimes déchiquetées, nids d’aigle inaccessibles ; et, sur nos têtes, un crépuscule immense, doré comme un beau miel, qui s’épandait jusqu’à la mer ; toutes les violences des luttes transitoires, et la paix des régions divines.
XII
LE DISCOURS DE L’ARÉOPAGE
Si Paul avait été, comme certains le veulent, un hellénisant, il n’aurait pas touché le sol attique, pénétré dans le sanctuaire de l’hellénisme, sans être saisi d’une admiration et d’une secrète volupté. Au contraire, Athènes lui déplut fortement. Cette ville auguste l’attrista, lui pesa, « l’exaspéra[278] ».
[278] Actes XVII, 16.
D’abord il s’y trouva seul[279], dans une solitude hostile. Timothée l’y avait rejoint. Mais, à la nouvelle des vexations qu’enduraient les chrétiens de Thessalonique, Paul « n’y put tenir ». Il envoya son disciple à ses Thessaloniciens bien-aimés ; car il souffrait trop de ne point les revoir lui-même. Timothée les conforterait, les maintiendrait dans l’espérance et la charité une.