Les docteurs, préposés à l’enseignement, comme ayant le don de science, seront sédentaires, de même que, plus tard, l’épiscope et le diacre, quand ceux-ci prendront la place de l’apôtre et du prophète.

Sédentaire aussi, le presbytérion dont saint Ignace d’Antioche dira qu’il représente autour de l’évêque — lequel tient la place de Dieu — le conseil des Douze assemblés autour de Jésus[305] ; et sa volonté devra s’harmoniser à celle de l’évêque, « comme les cordes s’ajustent à la lyre[306] ».

[305] Saint Ignace, épître aux Magnésiens, VI.

[306] Id. ép. aux Éphésiens, IV.

Au temps où Paul fonda la communauté de Corinthe, la discipline n’était pas encore aussi nettement constituée. Cette église ressemblait à un jeune arbre souple, en avril, dont les bourgeons vont s’ouvrir. Elle était déjà en possession de tous ses organes. Mais la sève divine hâtait plus pour l’un, moins pour l’autre, la germination. Et c’est bien ainsi que Paul la considérait : « J’ai planté, dira-t-il, Apollos a arrosé. Dieu seul a fait croître[307]. »

[307] I Cor. III, 6.

Merveilleuse période ! La croissance des promesses et de toutes les ferveurs !

Les fidèles ne se réunissaient pas alors, pour prier, dans une basilique. Ils se donnaient rendez-vous chez l’un des frères dont le logis était vaste. Une salle, en haut, servait d’oratoire. Nous ignorons si des images ou des signes mystiques étaient offerts à la dévotion commune. Il est probable que l’on excluait les images, par un reste de scrupule judaïque, comme si elles impliquaient un danger d’idolâtrie. Des lampes nombreuses pendaient de la voûte[308], telles qu’on en voit dans les églises grecques et les mosquées. On les allumait la veille du sabbat au soir et le lendemain, tant que le sabbat resta le jour férié, puis le dimanche, fêté comme le jour, tout ensemble, de la Création et de la Résurrection.

[308] Voir Actes XX, 8.

A leur entrée, les assistants « se jetaient, la face contre terre, adorant Dieu[309] ». Ils ployaient aussi les genoux avant la fraction du Pain. Mais ils priaient, le plus souvent, debout, les paumes étendues. Les femmes venaient en toilette ; Paul exigeait d’elles — et ce n’était point toujours facile — la modestie dans la mise ; il ordonnait qu’elles eussent un voile sur la tête et condamnait les robes brodées, les chignons emperlés ou cerclés d’or. Surtout il leur interdisait de prendre la parole pour enseigner au milieu de l’église.