Alors, à quoi bon la Loi ? Vous avez eu les prémices de l’Esprit et vous voulez retomber dans la vie charnelle ? C’est par la foi que vous êtes enfants d’Abraham, non par la circoncision. Abraham fut justifié avant d’être circoncis ; ce n’est pas la circoncision qui l’a fait juste.

La justification vient de la promesse, non de la Loi. La Loi est un contrat ; or, un contrat est aboli, si l’une des deux parties le viole ou l’annule. La promesse, au contraire, vient de Dieu seul ; elle est donc irrévocable.

La Loi était comme un pédagogue pour des enfants mineurs. Quand est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, aux esclaves devenus, par le Christ, des fils d’adoption, des héritiers.

Ici, Paul s’attendrit au souvenir de tous les liens d’affection qui l’unissaient aux bons Galates :

« Vous m’avez reçu comme un ange de Dieu, comme le Christ lui-même… Vous suis-je devenu ennemi en vous disant la vérité ?… Mes petits enfants que j’enfante avec douleur une seconde fois, jusqu’à ce que le Christ se forme en vous… je ne sais comment m’y prendre avec vous… »

Et, sous l’allégorie de Sara et d’Agar, il leur expose plus nettement encore les deux états de l’humanité, avant, après le Rédempteur : Agar, symbole de la Loi, était mère de fils esclaves ; Sara, comme l’Église, engendra une humanité libre. Il faut chasser le fils de l’esclave, vivre selon la promesse, comme des enfants de liberté et de lumière.

« Ne vous ployez donc pas une seconde fois au joug de la servitude. Voici que moi, Paul, je vous le dis : si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien. » Quiconque admet cette partie de la Loi s’engage à observer la Loi tout entière, puisque la circoncision est l’abrégé de la Loi.

On objecte à Paul que lui-même la prêche. S’il la prêchait, pourquoi les Juifs le persécuteraient-ils ? « Qu’ils se mutilent tout à fait (comme les prêtres de Cybèle), ceux qui vous bouleversent ! »

« Ne revenez pas aux pratiques charnelles, mais accomplissez les œuvres de l’Esprit. Le fruit de l’Esprit, c’est la charité, la joie, la paix, la douceur… Portez le fardeau les uns des autres… La circoncision n’est rien, ni non plus l’incirconcision. Désormais, que personne ne me cause des ennuis ; car je porte sur mon corps les cicatrices du Seigneur Jésus. »

La véhémente admonition redressa-t-elle le faux ascétisme des Galates ? Il est permis d’en douter. Son passage en Galatie ne suffit pas à réprimer la campagne des judaïsants. Mais il affermissait des principes qui, pour le salut de la foi, devaient prévaloir dans l’Église ; sa lettre éclatait comme un prodigieux document d’inspiration, de logique, de verve dominatrice et de charité.