Que les chrétiens, à l’intérieur de la communauté, fuient le commerce des impudiques et des idolâtres[330]. Qu’ils ne tolèrent pas la liaison incestueuse d’un d’entre eux avec la femme de son père défunt. Qu’ils évitent eux-mêmes l’impureté. L’impudique pèche contre son propre corps, et le corps est le sanctuaire de l’Esprit Saint en nous.
[330] Paul, avec son bon sens, précise qu’il n’interdit pas aux chrétiens le commerce « des impudiques du monde, ni des gens cupides, ni des voleurs ou des idolâtres en général. Car autant vaudrait sortir de ce monde ».
Que ceux qui sont mariés vivent dans le mariage saintement et loyalement. Chacun doit garder la condition où l’appel divin l’a trouvé. Le mariage est bon ; mais l’état de continence est plus parfait. « Celui qui est marié a le souci des choses de ce monde. Il s’inquiète de plaire à sa femme. Il est divisé. » Les idoles ne sont rien. Manger des viandes sacrifiées aux idoles, c’est donc un acte indifférent. Néanmoins, qu’on prenne garde de scandaliser les faibles en s’attablant près d’une idole.
Que les assemblées se tiennent dans l’ordre et l’amour. Que nul ne s’enfle d’orgueil à cause de ses dons spirituels. C’est le même Esprit qui dispense ses dons à chacun, comme il lui plaît. Avant tout, qu’on recherche la charité, cette chose plus grande que la foi et l’espérance, parce qu’elle subsistera éternellement.
L’Apôtre mène les Corinthiens au centre de la vérité angulaire, au fait de la Résurrection. Le Christ est ressuscité ; par Lui les morts ressusciteront ; la chair corruptible se revêtira d’immortalité.
« Ainsi, conclut-il, mes bien-aimés frères, soyez fermes, inébranlables. Croissez en tous sens dans l’œuvre du Seigneur, puisque votre travail n’est pas vain dans le Seigneur. »
Mais il ne s’arrête pas à des conseils généraux et sublimes. La fin de son épître définit un projet qui lui tenait au cœur : une grande collecte le préoccupait ; il pensait aux frères, toujours indigents, de Jérusalem ; et il se proposait de leur porter lui-même une importante aumône. Il ne compatissait pas simplement à leurs besoins ; il voulait témoigner aux saints de l’église mère qu’elle demeurait pour lui et pour tous les chrétiens, même non juifs, la métropole de leur vie sanctifiée. De Sion était sorti le Rédempteur de l’univers ; le Seigneur avait promis à Israël : « Le pacte de ta paix avec moi ne sera pas ébranlé[331]. » C’était à Jérusalem que se manifesterait le Christ triomphant.
[331] Isaïe LIV, 10.
Cette collecte, si hautement significative, Paul entend qu’elle produise le plus possible ; et il l’organise avec industrie, en Juif pratique :
« Le premier jour de la semaine (le dimanche), que chacun de vous mette quelque chose de côté, ce qu’il peut, afin de ne pas attendre que je sois là pour que la collecte se fasse. »