[361] I Petr. II, 13 : « Soyez soumis à toute puissance humaine à cause de Dieu. »

[362] Voir saint Jérôme, in Tit., III, 1.

[363] Math. XXII, 21.

[364] Id. XVII, 25.

Son exhortation part d’une certitude mystique ; le prince ou le magistrat délégué par lui représente ces attributs divins : la puissance, la justice, la miséricorde ; il n’exercerait ni ne transmettrait son pouvoir, si Dieu ne l’avait permis. Paul a l’air de supposer que l’autorité sera juste, « qu’elle porte l’épée, étant ministre de Dieu, chargée de châtier celui qui fait le mal ».

Faut-il croire que la majesté romaine l’étonnait, comme elle éblouira Josèphe ? Il voyait tout au moins dans l’Empire une force ordonnatrice constituée pour le bien des peuples. Il admirait, chez les Romains, le sens organisateur, la continuité dans les vues, l’esprit équitable de la législation[365]. Tout spectateur intelligent du chaos oriental devait penser comme lui. Il avait trop voyagé pour ne pas apprécier la différence des routes impériales et des autres. Citoyen romain, il faisait rarement usage de son titre ; il négligeait la fierté d’avoir place parmi les maîtres de l’univers. Mais l’unité de l’Empire ouvrait à la foi des promptitudes d’expansion prodigieuses ; et cela, aux yeux de Paul, c’était la grandeur vraie de Rome, sa raison d’être dans les perspectives d’un avenir surnaturel.

[365] Rom. VII, 1 : « Je parle à des gens qui se connaissent en fait de loi. »

Il n’ignorait point les férocités hypocrites ni les vices de Tibère, les monstruosités de Caligula. Au moment de cette épître — en 56 — Néron avait déjà fait empoisonner Britannicus ; il songeait à tuer sa mère ; il courait, la nuit, les rues mal famées ; déguisé en esclave, il détroussait les passants, et se mêlait à d’ignobles rixes[366]. Sénèque, cependant, dirigeait encore les conseils du prince ; l’histrion démagogue gardait un masque généreux et visait à demeurer populaire par d’extravagantes libéralités.

[366] Voir Tacite, Ann. XIII, XXV.

L’Apôtre, jugeant la puissance romaine sur l’ensemble de sa politique, croit bon de la montrer comme légitime. Prévoit-il que les chrétiens ne seront pas toujours en paix avec elle ?