[382] Cette image, condensation d’injures, réminiscence possible d’Ézéchiel (XIII, 10) fait tout ensemble allusion à la robe blanche de celui qui présidait le sanhédrin, à sa vieillesse décrépite, et surtout à son hypocrisie.

[383] La Loi juive, nous l’avons vu, assurait aux accusés des égards et la liberté de se défendre (Lévit. XIX, 15).

Saillie étrange et formidable ! Paul ne savait pas qu’elle visait Ananie et le grand prêtre en personne ; pourtant, il prophétise, et sa prophétie devait se vérifier ; car, en septembre 66, le dix-septième jour du mois, Ananie pourchassé par les factieux, et qui s’était caché dans un aqueduc avec son frère Ézéchias, y fut pris, égorgé[384].

[384] Josèphe, Bell. jud., II, XXXI.

Les appariteurs protestèrent :

— Comment ! Tu insultes le grand prêtre de Dieu !

— Je ne savais pas, répondit Paul, que c’était le grand prêtre. (Autrement je me serais tu.) Car il est écrit : « Tu ne diras pas de mal du chef de ton peuple[385]. »

[385] Exode XXII, 28.

La brutalité d’Ananie avait provoqué dans tout son être un choc où une réaction prophétique s’ajouta au courroux spontané. Ananie était de la famille d’Anne qui avait condamné Jésus. Par la bouche de Paul, il entend l’annonce du châtiment qui viendra. Et, comme Jésus, Paul accable les princes des prêtres sous leurs contradictions hypocrites ; ces défenseurs de la Loi la transgressent et la détruisent !

Mais, aussitôt, il se reprend ; il ne scandalisera pas les faibles ; lui qu’on accuse d’abolir la Loi, il veut y rester soumis.