En articulant ces sentences, il étendait sans doute son bras vers le Parthénon ; son tranquille anathème écrasait les idoles tremblantes :

Mourez donc, les faux dieux, pour que Dieu vive en nous. Athéné, tu ne vois pas la rouille sur ton casque ? L’éclair de ta pique va s’éteindre ; elle s’éteindra la lampe de ton sanctuaire qui servait de phare aux marins. De ta statue il ne restera pas assez d’ivoire pour y tailler un dé à coudre. Mais la sagesse dont tu faisais un mensonge, voici qu’elle illuminera les vivants et les morts. Le Juge est proche ; en lui, toute chair connaîtra l’inconnaissable ; par Lui, ce qui est sur terre et ce qui est au ciel, tout est réconcilié dans la paix du sang offert sur la Croix.

Pendant que la nuit glissait, comme un linceul soyeux, sur l’Acropole et sur nous, je me répétais avec douceur l’ineffable verset :

« In ipso vivimus, movemur et sumus. » En lui-même, dans la vertu invisible de l’Esprit, nous avons l’être, le mouvement, la vie divine. Et cela, c’est Paul qui l’a dit, en ce lieu où nous respirons, où nous glorifions Dieu, nous qui sommes des vivants.

I
SAUL LE PERSÉCUTEUR

LE MARTYRE D’ÉTIENNE

Violente du début à la fin, l’histoire de saint Paul s’ouvre par une scène terrible.

C’était au moment où les Douze, voyant l’urgence de diviser le ministère temporel du spirituel, avaient décidé, « pour le service des tables[28] », l’élection des Sept.

[28] Actes VI, 1.

Les disciples se souvenaient du conseil : « Ne vous inquiétez ni d’avoir de quoi manger, ni d’avoir de quoi vous vêtir[29]. » Afin de le suivre comme un précepte, ils avaient mis en commun ce qu’ils possédaient. Les riches avaient offert leurs revenus, vendu leurs terres, leurs maisons, ou donné leur logis à des frères pauvres. De la sorte, il n’y avait plus que des pauvres parmi les fidèles. Leur nombre croissait au delà des ressources ; suffire à tous les besoins devenait compliqué.