[418] Philipp. II, 5-11.
Comment l’humiliation de se faire esclave, de se « faire péché » a-t-elle accru la gloire de Dieu, Paul le savait trop, il n’entrerait en possession d’un tel mystère qu’une fois affranchi « de son corps de mort ». Aussi acquérait-il une conscience plus pleine de la certitude :
« Mourir m’est un gain. »
Et cependant, lorsqu’il pesait en face du tribunal romain l’alternative : être acquitté ou condamné à mourir, un sublime débat se poursuivait au fond de sa volonté, celui dont il fait confidence aux Philippiens :
« (Je voudrais) me dissoudre, être ainsi avec le Christ ; car c’est de beaucoup la meilleure chose. Mais demeurer dans la chair est plus nécessaire à cause de vous. Dans cette confiance je sais que je resterai et demeurerai avec vous tous, pour votre avancement et votre joie dans la foi, afin que, par mon retour auprès de vous, vous ayez abondamment sujet de vous glorifier dans le Christ[419]. »
[419] I, 23-26.
Admirable équilibre de la paix mystique, de cette paix « qui dépasse toute idée[420] » ! Quoi qu’il attende, le Saint est dans la joie. L’appétit de prolonger sa vie terrestre, chez un autre, serait tout humain ; Paul le divinise, il en fait un sacrifice, mettant au-dessus de son œuvre transitoire l’espérance du bien sans terme. Il prévoit que ses juges le laisseront vivre encore ; c’est une épreuve pour son désir, et ses frères ont besoin de lui. Mais, s’il doit offrir « son sang en libation pour la liturgie (le service sacré) de leur foi[421] », il s’en réjouira ; eux aussi en auront une joie.
[420] IV, 7.
[421] Id. II, 17-18.
Jusque-là, ses chaînes seront un exemple, une force et une gloire à tous ceux qui croient.