En attendant « le grand jour[446] », il continuait à guerroyer contre l’erreur ; il affermissait dans les églises des dispositions capables d’en écarter les vaines querelles, le désordre et l’hérésie.
[446] II Timothée I, 18. Voir aussi II Petr. III, 7.
Les deux épîtres à Timothée et celle à Tite le font voir infatigable dans la lutte, toujours aussi ferme, rude par moments, mais avec la tranquillité et la mesure d’un esprit déjà proche de la lumière sans ombre.
Pas une minute il ne désarme vis-à-vis des judaïsants, « ces bavards qui prétendent être les Docteurs de la Loi et ne savent pas ce qu’ils disent[447] ». Ces « circoncis », plus que les autres, sont des « brouillons, des séducteurs… Ils bouleversent des familles entières, enseignant pour un gain honteux ce qu’il ne faut pas enseigner… Ils se glissent dans les maisons, asservissent de pauvres femmes chargées de péchés, et qu’entraînent toutes sortes de passions… Ils s’attachent à des fables judaïques, à de vaines querelles au sujet de la Loi[448] ».
[447] I Tim. I, 7.
[448] Tit. I, 10-15.
Certains soutiennent des inepties, comme Hyménée et Philète qu’il a dû excommunier[449] ; à les entendre, la résurrection dernière n’aurait pas lieu, parce qu’elle est accomplie moralement dans le baptême. Certains prohibent le mariage, s’obstinent à distinguer entre les aliments purs et les immondes ; ils veulent réduire la piété à une ascèse corporelle. Ou bien ils enseignent l’Évangile autrement que l’Apôtre ; dès que la vérité passe par leur bouche, elle se déforme. Et surtout ils visent à s’enrichir. « Or, l’amour de l’argent est la racine de tous les maux[450]. »
[449] I Tim. I, 20 ; II Tim. II, 17-18.
[450] Id. VI, 10.
Paul a vu les perversions qui pouvaient, dès sa croissance, affaiblir la plus sainte des sociétés spirituelles. Il en a, plus encore, prévu les suites ; il sait que les hommes enflés de leur sagesse « s’enfonceront dans l’impiété[451] ». Pour diminuer les vices inhérents à tout assemblage humain, il prêche deux remèdes : la fidélité aux principes évangéliques et un gouvernement stable, très simple encore dans sa hiérarchie, mais exemplaire.