[113] IX, 10.
[114] XXII, 12.
Ananie objecta : « Seigneur, j’ai entendu dire par bien des gens sur cet homme tout le mal qu’il a fait à tes Saints dans Jérusalem ; et il a mission des grands prêtres pour enchaîner ceux qui invoquent ton nom. »
Mais le Seigneur lui dit : « Va, parce que cet homme m’est un vase d’élection pour porter mon nom devant les gentils et les rois et les fils d’Israël ; car je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom. »
Ananie sortit et entra dans la maison, et lui imposant les mains, il dit : « Saul, ô frère, le Seigneur m’envoie, Jésus que tu as vu sur la route où tu venais, pour que tu recouvres la vue et que tu sois empli de l’Esprit Saint. »
A l’instant, Saul sentit tomber de ses yeux comme des écailles ; sur-le-champ il recouvra la vue. Il se leva, il fut baptisé ; et, s’étant nourri, il reprit des forces.
La simplicité de ce récit miraculeux laisse entendre quelle vigilance le Seigneur mit à lui définir sa vocation. Au moment où Ananie entendait l’ordre de lui porter le baptême et l’Esprit Saint, lui-même voyait le messager arrivant ; et la simultanéité des deux visions démontrait qu’elles venaient bien d’en haut.
Une révélation plus ferme de son avenir semble avoir suivi le don de l’Esprit Saint. Le Christ l’instruisit dans un raccourci prophétique, des souffrances où il s’engageait. Il reçut l’intelligence et l’amour de la douleur ; il comprit ce qui était fermé jusqu’alors à ses yeux de pharisien, quand il avait lu dans Isaïe le portrait de l’homme « qui a la science de l’infirmité, semblable à un lépreux, qui s’est offert parce qu’il l’a voulu… et Dieu l’a frappé à cause du crime de son peuple[115] ».
[115] LIII, 2-8.
Saul savait maintenant que le Christ lui donnerait à boire une large goutte de son calice. Le repas où il reprit des forces s’acheva sans doute par la Cène et il commémora la mort du Seigneur en vue d’y participer.