Dont puisse le ciel vous préserver longtemps, cher lecteur!

On compte à Paris, d’après une statistique officielle[36], 53,000 voitures:

Voitures de remise ou de place800
Cabriolets, id. id.1,200
Voitures de maître10,000
Cabriolets bourgeois11,000
Charrettes, tombereaux, baquets30,000
Total53,000

[36] Moniteur du 29 octobre 1841.

Il y a donc, par conséquent, près de cinquante-trois mille Cochers; desquels devons-nous vous entretenir?

Est-ce du Cocher de bonne maison, personnage qui, hérissé de fourrures et coiffé d’un tricorne, a la rotondité d’un député du centre, la pesanteur d’un éléphant, et l’insolence d’un chef de bureau?

Est-ce du groom, ce Bébé des Cochers, être chétif et rabougri, serré dans une élégante redingote, et jaune comme les revers de ses bottes?

Est-ce du Cocher d’omnibus, automate qui, suivant toujours la même ligne, prend le parti de se laisser conduire par ses chevaux?

Est-ce du Cocher de coucou, victime innocente, malheureuse et persécutée des chemins de fer?

Est-ce du Cocher de corbillard, qui, malgré les crêpes et son lugubre costume, aime à rire, aime à boire, aime à chanter comme nous?