Le Maraîcher.
III.
LE MARAÎCHER.
Ne méprisez pas la campagne, si vous vous y attachez, vous serez enivrés de joies et de plaisirs, et les fruits se multiplieront pour combler votre espérance; mais il faut, pour cela, n’épargner ni peines ni travaux, et ne rien omettre de ce qui peut contribuer à féconder votre terrain.
Le père Rapin, poëme des Jardins, ch. IV.
Sommaire.—Définition du mot marais.—Erreur des rédacteurs du Dictionnaire de l’Académie.—Aspect d’un marais.—Maison du maraîcher.—Vente des légumes.—Arrosement.—Cloches et châssis.—Culture.—Activité du maraîcher.—Maraudeurs.—Ignorance du maraîcher.—Ancienne corporation des maraîchers.—Le maraîcher et le général en chef.
La dénomination de marais offre naturellement à l’esprit l’image d’une espèce de lac verdâtre, fangeux, peu odoriférant, émaillé de nénufars jaunes, de joncs aigus, de grenouilles en été, de bécassines en hiver. Telle n’est point la localité appelée Marais aux environs de Paris; elle a pu jadis être couverte ou abreuvée par des eaux qui n’avaient point d’écoulement, mais elle a été depuis transformée en jardin potager.
«Marais,» dit l’Académie, cette Cour de Cassation littéraire, «signifie aussi à Paris un terrain où l’on fait venir des herbages, des légumes.»
On pourrait s’imaginer, en lisant cette définition, que ce terrain est un entrepôt de végétaux comestibles. En effet, que dit encore le Grand Dictionnaire?
Faire venir, donner ordre ou commission pour qu’une chose soit envoyée d’un lieu quelconque au lieu où l’on est. «Faire venir des truffes du Périgord, faire venir une voiture, faire venir un fiacre.»