Cependant le Charbonnier n’a pas cette tristesse qu’on pourrait supposer inhérente à son isolement, à sa profession ingrate. Mieux rétribué que les autres ouvriers des bois[44], malgré la modicité de ses bénéfices, il ajoute à son ordinaire quelques morceaux de lard, et un peu de vin ou d’eau-de-vie. Il possède un répertoire de chansons variées, et fredonne, pour tromper l’ennui de son rude labeur:

Par un samedi au soir,

Je m’en vais voir ma blonde;

Ouvrez-moi la porte si vous m’aimez;

Vous êtes à la chaleur et je suis à la fred.

ou bien:

J’ai fait une maîtresse,

Trois jours, n’y a pas longtemps;

Elle est jolie et belle,

Elle a beaucoup d’agréments;