Le bourdonnement sourd ébranle mon oreille;
Le roulement des chars ébranle mes carreaux;
Voici les Balayeurs et leurs lourds tombereaux,
Et des ruisseaux fangeux, que leur brigade agite,
Les funestes odeurs montent jusqu’à mon gîte.
La classe des Balayeurs est en effet une des plus matinales de Paris. Quelle que soit la saison, ils sont, à trois ou quatre heures, debout, les armes à la main, et marchent, par brigades hideuses et déguenillées, à la conquête des immondices. Un peu plus tard, des sonneurs partis des bureaux des commissaires de police, parcourent les rues, et avertissent les habitants de balayer. Portières, sortez de votre bouge et mettez-vous à l’œuvre! Garçons épiciers, garçons de magasin, locataires des rez-de-chaussées, refoulez les ordures, sans toutefois les pousser sur la propriété du voisin! Mettez à part les verres et les débris de bouteilles; cassez la glace ou la neige; ou sinon, gare les amendes! Les inspecteurs de la salubrité sont inflexibles, et la moindre contravention serait l’objet d’un procès-verbal. L’obligation de balayer est commune à tous, aux propriétaires d’une maison de cinq étages comme aux savetiers en échoppes;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
n’en défend point les concierges-portiers des palais royaux.
Les premiers Balayeurs qui nous apparaissent portent un chapeau de cuir, orné par-devant d’une plaque de cuivre, sur laquelle on lit:
ADMINISTRATION
no 30,
RUE NOTRE-DAME-DE-NAZARETH.