Ceux qui les passeront près d'elle,

n'est point, si vous voulez, un madrigal, mais il en a bien un peu le tour et le geste. On n'est pas impunément du siècle de Boufflers. Lamartine lui-même, une ou deux fois, et Victor Hugo, se ressentiront d'y être nés, ou d'avoir connu des gens qui en étaient.

Quant à ses poésies officielles et destinées à la publication, on voudrait qu'elles ne fussent pas d'André Chénier. L'Hymne à la France est bien d'un écolier de Lebrun. C'est un modèle du style classique en honneur au XVIIIe siècle. Il est presque tout en descriptions mesquines, menues et coquettes, et en périphrases élégantes. C'est là qu'on voit les canaux qui «joignent l'une et l'autre Théty»; et «les vastes chemins départis en tous lieux»; et le poète cherchant un asile obscur où «sa main cultivatrice recueillera les dons d'une terre propice». C'est là qu'on peut admirer:

«...Ces réseaux légers, diaphanes habits,

Où la fraîche grenade enferme ses rubis.»

Aux collectionneurs de périphrases classiques je ne puis me tenir de signaler, au moins en note, une pièce rare. C'est le concierge de Camille:

Ma Camille, je viens, j'accours, Je suis chez toi.

Le gardien de tes murs, ce vieillard qui m'admire,

M'a vu passer le seuil, et s'est mis à sourire.

Le style par abstraction s'y rencontre aussi avec toute l'énergie et tout le relief qu'on lui connaît: