—Mais elle m'appartient, à moi.

—En vérité... non! Les fruits vous en appartiennent; vous avez la pleine disposition des revenus; mais l'arbre ne vous appartient pas; vous ne pouvez pas le couper. Les sauvages de la Louisiane coupent l'arbre pour avoir les fruits, à ce qu'assure Montesquieu. La loi française n'a pas voulu que les femmes françaises pussent jouer la Fille sauvage.

—Mais enfin, si cette fortune n'appartient pas à mon mari...

—Non, certes!

—... et ne m'appartient pas non plus, à qui, s'il vous plaît, appartient-elle?

—Elle vous appartient...

—Sans m'appartenir.

—Précisément, et votre définition est d'un juriste exact; elle sera adoptée par les professeurs de droit. Cette fortune vous appartient en puissance. Elle est chose qui ne vous appartient réellement pas; mais qui peut vous appartenir un jour très parfaitement, avec droit d'user et d'abuser, utendi et abutendi. Cujas...

—Mais, quel jour?