—Deux cas seulement. Le jour où votre époux mourra...

—Il sera bien temps!

—Ou le jour où vous divorcerez d'avec votre époux légitime.

—Miséricorde!

—C'est ainsi. C'est la loi. La femme mariée sous le régime dotal ne recouvre la disposition de sa fortune que dans deux cas: mort de l'époux, ou divorce. La séparation même ne suffit pas. Elle ne détruit pas tous les effets, elle ne rompt pas tous les jougs du régime dotal.

—De sorte, Monsieur, que pour sauver mon époux que j'adore, il faut que je le quitte ou que je le tue?

—Précisément! Vous avez l'esprit juridique et le don des définitions juridiques à un degré extraordinaire.

—Si vous voulez, Monsieur l'avoué, écartons la mort.

—Écartons la mort. Il est toujours bon d'écarter la mort. Mais vous voilà acculée à la ruine ou au divorce.

—Évidemment! Pour que je puisse sauver mon mari, et moi-même, du reste, il faut d'abord que je devienne pour lui une étrangère.