Mais elle ne revint pas, et tout le jour, M. de Brévan, dévoré d'angoisses, attendit... A cinq heures, seulement, un commissionnaire lui apporta une lettre... Il l'ouvrit, trois billets de mille francs tombèrent à ses pieds...
La lettre disait:
«Quand tu recevras ce mot, je serai loin de Hombourg... Ne m'attends plus... Voici de quoi regagner Paris... Quand j'aurai fait notre fortune tu me reverras.
«SARAH.»
Maxime, tout d'abord, demeura stupide d'étonnement... Etre ainsi abandonné, être «lâché» sans plus de façons, lui, par Sarah!... Il n'en pouvait revenir.
Mais la colère ne tarda pas à lui monter au cerveau, et en même temps un immense désir de vengeance... Seulement, pour se venger, il s'agissait de retrouver l'infidèle. Qu'était-elle devenue? Où s'était-elle réfugiée?...
A force de réfléchir et de chercher, M. de Brévan se rappela que deux ou trois fois, depuis que la déveine les poursuivait, il avait aperçu Sarah en grande conversation avec un long et maigre gentleman, d'une quarantaine d'années, qui promenait dans les salles de jeu ses favoris blonds en nageoires, sa distinction raide et son visage ennuyé.
Pas de doutes!... Sarah, ruinée, devait s'être laissée facilement séduire par ce gentleman aux apparences de millionnaire.
Où demeurait-il?... A l'hôtel des Trois-Rois. Maxime y courut...
Malheureusement il arrivait trop tard... Le gentleman était parti le matin même pour Francfort, par le train de dix heures quarante-cinq, avec une dame d'un certain âge et une jeune personne remarquablement jolie.