—Laurent Cornevin!... s'écria-t-il.
Mais c'était un redoutable adversaire que le comte de Combelaine... Il trouva en lui assez d'énergie pour dominer son trouble, et reprenant son impudence superbe:
—De quel droit, fit-il, cet homme interrompt-il cette solennité?...
—Du droit, répondit Cornevin, qu'a tout honnête homme d'empêcher un misérable, qui est marié, de contracter un second mariage.
L'embarras du maire se lisait sur son maigre visage.
—M. le comte de Combelaine a été marié, c'est vrai, dit-il, mais nous avons en bonne et due forme l'acte de décès de sa première femme, Marie-Sidonie...
Cornevin s'était avancé, écrasant de toute la hauteur de son honnêteté les gens qui l'entouraient.
—Il se peut que vous ayez un acte de décès, monsieur le maire, prononça-t-il d'une voix forte; il n'en est pas moins vrai que le cercueil de Marie-Sidonie, au cimetière Montmartre, est vide... Il est des témoins. En attendant une enquête, j'en appelle à Mme la duchesse de Maillefert et à Raymond Delorge, ici présents...
N'importe, Combelaine protestait encore.
—Ma femme, dit-il, est morte en Italie.