Or Me Roberjot était mieux que personne en situation de voir et de juger les événements.

Sa candidature avait réussi; il venait d'être nommé député.

Et, si ardent adversaire qu'il fût de l'empire, ses rancunes n'allaient pas jusqu'à lui mettre sur les yeux de ces lunettes qui empêchent de voir.

Aussi, disait-il en hochant tristement la tête:

[Illustration:—Tout cela est à nous! Victoire! Vive Coutanceau!]

—Nous en avons pour des années, et, s'il survient une guerre heureuse, l'opposition ne sera plus qu'un mot.

Car Me Roberjot, de même que tous les gens de quelque bon sens, comprenait bien que la guerre, essence même de l'empire, lui était nécessaire.

Napoléon III, à Bordeaux, avait dit:

«L'empire, c'est la paix!...»

Mais il était clair que ce n'était là qu'un mot officiel, véritable promesse de boniment qu'on ne risque rien à faire d'abord, et qu'on tient après si on peut.