S'il y eut quelque émotion à Paris, il n'y eut pas un moment de doute ni d'inquiétude. Nous ne pouvions être que vainqueurs.

Et, en effet, le second empire ne tarda pas à avoir une nouvelle victoire à enregistrer, et gagnée par un des hommes du coup d'État, par le maréchal de Saint-Arnaud.

Celui-là fut heureux. Il mourut peu après, et son linceul fut un drapeau.

Mais c'était peu pour l'impatience française que cette victoire de l'Alma; aussi tout Paris accueillit-il comme certaine, comme incontestable, une dépêche apportée, disait-on, par un Cosaque, et qui annonçait la prise de Sébastopol.

Cette nouvelle, il faut le dire, avait été enregistrée par le Moniteur.

La Bourse monta. Paris, le soir, fut illuminé...

Et, le lendemain, on apprit que le Cosaque n'était qu'un canard financier et que Sébastopol tenait plus que jamais.

Cependant, cette fausse joie, qui eût dû servir à Paris de leçon pour l'avenir, n'eut pas d'inconvénients... L'impatience française n'avait fait que devancer les événements. Après une héroïque résistance, Sébastopol tomba en notre pouvoir...

Et, presque aussitôt que cette glorieuse nouvelle, on apprit que l'empereur de Russie venait de mourir; qu'un congrès allait se réunir à Paris, et que la paix serait sans doute signée contre le gré de l'Angleterre...

Mais pendant que les négociations se poursuivaient, un événement avait lieu d'une bien autre importance pour la famille impériale, et qui devait emplir de confiance et de joie tous les hommes qui devaient à l'empire ou qui attendaient de lui leur fortune et leur situation.